Entre coups de froid…

Au sortir d’une saison complète sans jouer en raison d’une blessure au genou, Wesley Saïd va retrouver à Lens le plaisir de jouer sous les ordres de son ancien formateur, Franck Haise. Après ses premiers pas à Bordeaux (2-3), l’attaquant pense ouvrir son compteur lorsqu’il fait exploser Bollaert face à Lille mi-septembre (1-0), avant d’être signalé hors-jeu. Ce n’est que partie remise. Doté d’un sens du but au-dessus de la moyenne, il signe la troisième réalisation du succès éclatant à Marseille (2-3). Sa célébration, les mains sur les bras comme pour mimer une baisse de température, marque l’Artois. Lancé, l’ancien Rennais inscrit ensuite un doublé face à Metz (4-1), puis participe à la fête contre Troyes (4-0) avant d’inscrire le but de la victoire face… à Rennes (1-0). Si les blessures l’embêtent ponctuellement, le numéro 22 s’impose déjà dans la rotation de l’emballant 7e de Ligue 1 (2021/22).

… et coups de génie

Son deuxième exercice est dans la continuité du premier. D’abord remplaçant de luxe, Wes’ brille dans le rôle de supersub face à Monaco (1-4) avant de marquer son plus beau but en Sang et Or face à Lorient (5-2) : trouvé sur le côté gauche, il trouve un une-deux avec David Pereira da Costa, élimine deux défenseurs et ajuste le gardien du pied droit… Un festival génial !

« Mais qu’est-ce qui s’est passé… »

De nouveau buteur en sortie de banc face à Montpellier, le numéro 22 permet aux hommes de Franck Haise de s’imposer à Bollaert-Delelis (1-0), avant de récidiver à Angers (1-2) et contre Clermont (2-1). Mi-novembre, le RCL compte déjà 11 succès en 15 journées, et le numéro 22 n’y est pas étranger. Mais comme lors de la saison précédente, des blessures viennent contrarier son parcours. Touché au genou puis à la cuisse, le buteur manque 13 rencontres sur la phase retour, totalisant 6 buts en 22 apparitions – soit exactement les mêmes standards qu’en 2021/22. Homme clé du vestiaire lensois, il est malgré tout acteur de l’épopée historique de la « génération Chicoté » en Ligue 1 (84 points, record du club dans l’élite). De retour en forme, il peut retrouver la compétition le 27 mai 2023 au cours du succès décisif contre Ajaccio (3-0), qui acte la qualification du Racing pour la Ligue des champions. Le voilà qualifié pour la première fois en coupe d’Europe !

Artésien et européen

Après deux campagnes magnifiques, le Racing cale légèrement au début de l’exercice 2023/24 (5 défaites en 5 journées de L1). Absent des trois premières rencontres de la saison en raison d’un pépin musculaire, Wesley Saïd offre un nouveau numéro de classe. Servi par le centre de Florian Sotoca, l’avant-centre devance un premier défenseur dans la surface, en élimine un second et montre la voie aux Lensois, qui resteront invaincus pendant 11 rencontres après ce premier succès face à Toulouse (2-1). Sur la période, Wes’ fait trembler les filets de Clermont (0-3), Lyon dans le match de la Sainte-Barbe (3-2) et Reims (2-0).

Au cœur de cette première partie de saison animée, l’ancien international Espoir tricolore découvre la Ligue des champions sous la tunique artésienne. Lancé pour les 17 dernières minutes de la victoire renversante contre Arsenal (2-1), il goûte à la joie de son premier succès européen. Il participera ensuite aux deux rencontres face au PSV Eindhoven en phase de poules de la C1, puis à la double confrontation contre Fribourg en barrage de Ligue Europa.

Dans cette dynamique, il permet aux siens d’obtenir le nul à Reims (1-1) et s’arrache pour égaliser, au forceps, lors d’un scénario aussi spectaculaire que frustrant contre Monaco à Bollaert (2-3). Auteur de 7 buts en 33 apparitions, il réalise jusqu’ici son exercice le plus abouti dans l’Artois.

Unique buteur du succès inaugural à Angers (0-1) sous les ordres de Will Still, Wesley Saïd débute 2024/25 en trombes. Quelques jours plus tard, c’est cette fois à Bollaert que le numéro 22 fait parler sa technique pour ouvrir le score face au Panathinaïkos en barrage aller de Ligue Conférence dans une ambiance volcanique (2-1). Élément clé d’une formation lensoise intraitable lors des huit premières journées, il est de nouveau rattrapé par les blessures et va manquer huit rencontres de Ligue 1.

Progressivement réintégré au onze à son retour en forme, Wes’ jaillit au premier poteau pour reprendre de la tête un corner de Neil El Aynaoui contre Rennes à Bollaert (1-0) et fait trembler les filets de Brest après un enchaînement acrobatique, seulement 20 secondes après être entré en jeu (1-3). Plus contrasté, cet exercice 2024/25 ouvre la voie à une campagne 2025/26 plus complète.

Arrivé sur le banc lensois en juin 2025, le coach Pierre Sage place Wes’ au cœur de son projet de jeu. Meneur de jeu excentré dans le trio offensif artésien, il est le premier buteur de la saison du Racing, sur la pelouse du Havre, et décale Rayan Fofana sur le second but artésien (1-2). En pleine possession de ses moyens, l’attaquant n’a jamais été aussi influent et joue, par son positionnement et ses choix, un rôle essentiel dans l’expression de Matthieu Udol sur le flanc gauche. Quelques semaines, il réitère la même performance face à Lille, étant à la fois buteur et passeur décisif (3-0).

Au sein d’un collectif qui tourne à plein régime, Wes’ ne s’arrête pas là : enchaînement de haut vol pour marquer face à Lorient (3-0), boulet de canon dans un angle fermé et tête croisée au premier poteau pour s’offrir un doublé de gala à Monaco (1-4), une reprise bien exécutée à Nantes (1-2) ou encore un but en renard à Toulouse (0-3) lui permettent de compter 7 réalisations à la mi-saison.

Pas rassasié, il débloque la rencontre face à Auxerre dans son style caractéristique ; un contrôle de la poitrine suivi d’une reprise du pied gauche qui fait mouche (1-0). Pleinement acculturé à ce club qu’il porte désormais dans son cœur, l’attaquant célèbre en mimant un avion pour rendre hommage à Roger Boli, l’un de ses plus iconiques prédécesseurs, mis à l’honneur lors du coup d’envoi fictif.

Un mois plus tard, l’attaquant est étincelant dans la Ville Lumière. Sur la pelouse du Paris FC, il joue une partition parfaite – il ouvre le score d’un plat du pied parfait après une remise d’Odsonne Édouard et double la mise d’un tir surpuissant qui fracasse les filets – et contribue largement au franc succès (0-5). Après 22 journées, le numéro 22 est alors le meilleur buteur lensois dans l’élite avec 10 réalisations, soit, déjà, le meilleur total de sa carrière sur un exercice de Ligue 1.

En partance, l’attaquant est décidé à finir en beauté. Titulaire et capitaine contre Nantes à Bollaert, il participe au succès (1-0) qui assure au Racing la place de vice-champion de France. Pour la deuxième fois en quatre saisons, il est ainsi l’un des acteurs majeurs d’une qualification pour la Ligue des champions. Une prouesse dans un club qui n’a connu cette joie qu’à quatre reprises en 120 ans. Le 17 mai, quelques jours après avoir fait ses adieux à Bollaert, Wes’ étale toutes ses qualités de buteur pour réussir un doublé à Lyon (0-4), devenant le co-meilleur buteur lensois de la saison en Ligue 1 avec 12 réalisations.

La consécration

Lensois pendant cinq saisons, Wesley Saïd ne pouvait rêver meilleure fin en Sang et Or qu’une finale de Coupe de France. Le 22 mai dernier, il dispute les 26 dernières minutes de la finale face à Nice, une ultime bataille remportée (3-1) avant de soulever conjointement le trophée avec ses « potes » du vestiaire, Jonathan Gradit, Adrien Thomasson et Florian Sotoca... Cette dernière nuit de rêve se poursuivra à Bollaert-Delelis où plusieurs milliers de supporters se sont massés pour accueillir leurs héros, avant la parade du lendemain.

En fin de contrat avec le Racing, Wesley Saïd quitte l’Artois avec le sentiment du devoir accompli et l’image d’un attaquant de grand talent, artisan de deux qualifications en Ligue des champions et membre de la toute première génération sang et or à avoir conquis la Coupe de France. L’ensemble du club remercie chaleureusement « le climatiseur » pour toutes les émotions partagées et lui souhaite le meilleur dans la poursuite de sa carrière.

Benjamin Parrot, Directeur général du Racing : « Le départ de Wesley après cinq saisons en Sang et Or suscite forcément une certaine émotion. Par son attachement au territoire, ses enchaînements de haut niveau et quelques célébrations devenues iconiques, Wes’ a marqué toute une génération de supporters lensois. Ici, il a montré à la France entière le grand joueur qu’il est et a contribué à écrire l’un des plus beaux chapitres du club en jouant un rôle central dans les campagnes de 2022/23 et 2025/26. Le voir conclure son aventure artésienne par une victoire en Coupe de France, aux côtés de Jonathan Gradit, Florian Sotoca et Adrien Thomasson, revêt une dimension particulièrement symbolique. La trace laissée par Wesley est durable et il sera toujours le bienvenu à Bollaert-Delelis. »

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