les tribunes
Construites, démolies et reconstruites, les tribunes du stade Bollaert-Delelis sont le lieu d’expression de la ferveur lensoise. Nommées en hommage à d’illustres personnalités du Racing, les tribunes Marek-Xercès, Lepagnot, Trannin et Delacourt confèrent à l’antre artésien son architecture particulière.
tribune marek-xercès
Ici bat le cœur de Bollaert-Delelis. Partie basse de cette tribune latérale, la tribune Marek – redevenue une tribune debout en septembre 2018 – réunit historiquement les supporters sang et or les plus actifs puisqu’elle accueille le kop. Cette configuration, quasiment inédite en France, fait d’ailleurs l’une des plus grandes particularités de Bollaert-Delelis, les kops étant généralement situés derrière les buts dans les autres stades. Partie haute, la tribune Xercès s’inscrit dans son prolongement.
Construite en 1978, la Marek-Xercès a été rénovée à deux reprises : en 1998 à l’occasion de la Coupe du Monde, puis en 2015 en vue de l’EURO 2016.
Défenseur de devoir aux 175 apparitions en Sang et Or, Anton Marek connaît deux passages au club en tant que joueur (1934-1940 puis 1945-1947). Lors du second, « l’homme au bandeau » endosse la casquette d’entraîneur-joueur. Il fait son retour sur le banc lensois en 1956. Sous sa houlette (198 matchs), le RCL est notamment vice-champion de France. En hommage à cet endurant joueur de couloir, la tribune abritant le kop lensois – dont les chants incessants rappellent ses efforts – porte son nom depuis 1997. Clin d’œil de l’histoire, les Sang et Or seront sacrés Champions de France 98 quelques mois plus tard.
Milieu athlétique et élégant, Xercès Louis pose ses valises dans l’Artois en 1949. Dès lors, le Martiniquais va s’affirmer comme un joueur important, disputant près de 300 rencontres et arborant le brassard de capitaine du Racing. Ce joueur aussi à l’aise défensivement qu’offensivement contribue à la progression du club dans les années 50 (vice-champion de France en 1956 et 1957). Entré dans l’histoire du RCL pour sa longévité, il inscrit aussi son nom dans celle des Bleus en devenant, le 16 octobre 1954, le premier Antillais à défendre le maillot tricolore. À sa disparition en 1978, son nom est donné à la partie supérieure d’une des tribunes de Bollaert-Delelis.
tribune lepagnot
La tribune Lepagnot fait face à la Marek-Xercès. Comme les autres tribunes, elle accueille de nombreux supporters sang et or. Elle abrite également les vestiaires des deux équipes, de nombreux espaces réceptifs ou encore la tribune de presse.
Érigée en 1982 à l’aube de l’EURO 84 organisé dans l’Hexagone, la tribune est démolie en 1998 afin d’être reconstruite dans le cadre de l’accueil de la Coupe du Monde.
Max Lepagnot est un ancien secrétaire du Racing (1929-1935). Cet Artésien de naissance, président du District Artois pendant 30 ans, prend notamment part au projet de professionnalisation du Racing Club de Lens en 1934 avant de devenir membre du Comité de direction du club jusqu’en 1947.
tribune trannin
Située entre la ligne de chemin de fer et la pelouse, la tribune Trannin comporte notamment la « tribune famille ». Depuis l’été 2022, tel un prolongement de la tribune Marek, le niveau 0 est un virage populaire – une tribune debout au placement libre.
C’est également dans cette tribune que prennent traditionnellement place les supporters visiteurs.
La tribune Trannin est la première grande tribune à avoir été bâtie à Bollaert. Elle tire sa forme particulière de sa proximité avec la ligne de chemin de fer Lens-Dunkerque. À l’instar des autres tribunes, elle a été entièrement reconstruite en 1998 pour le Mondial, puis rénovée en 2015.
Henri Trannin (1919-1974) est Sang et Or de 1937 jusqu’à la fin des années 40. Gardien de but, il fait ses premiers pas en professionnel à 18 ans et évolue aux côtés de légendes lensoises comme Raymond François, Stefan Dembicki ou Ladislas Smid. Employé de la Compagnie des Mines, ce pur Artésien – natif de Bully-les-Mines – entre au Conseil d’administration et au Comité de direction du club. En parallèle, il est responsable de la commission des jeunes. Puis, en tant que Directeur sportif, il repère les frères Lech, Maryan Wisniewski ou encore Eugeniusz Faber, qui marqueront le Racing. Dénicheur de talents, il fait partie de ceux – avec Arnold Sowinski et André Delelis – qui reconstruisent le club au début des années 70.
Comme un symbole pour cet homme issu du bassin minier, c’est le 4 décembre 1976, jour de la Sainte-Barbe, que son nom est attribué à l’une des tribunes de Bollaert.
tribune delacourt
La tribune Delacourt fait face à la Trannin. À l’image de cette dernière, la partie basse est un virage populaire où les supporters restent debout pour encourager les Sang et Or.
Située à droite des bancs de touche, elle est inaugurée pour l’EURO 84 avant d’être rebâtie et remise à neuf pour la dernière fois en 2015. Si les gradins accueillent le fervent public artésien, les travées abritent aussi les bureaux administratifs des salariés travaillant pour le stade Bollaert-Delelis.
Élie Delacourt est employé de la SNCF avant de participer au renouveau du club dans les années 70. Premier abonné de l’histoire du RC Lens, il exerce avec dynamisme son rôle de président d’une association de supporters dans le quartier de son débit de boisson, avenue Van Pelt à Lens. En 1984, le maire André Delelis décide de lui rendre hommage en donnant son nom à l’une des tribunes du stade.