Lens et l'Europe
En 2024, près de 50 ans après son tout premier match sur la scène continentale (à Dublin, en 1975), le Racing a dépassé la barre des 100 matchs européens dans son histoire sur la pelouse du SC Fribourg en Ligue Europa. Replongez-vous dans les précédents épisodes européens du club, entre rencontres historiques et faits marquants…
1975/76 : Coupe des Coupes
Bollaert découvre l’Europe ! Et les Sang et Or vont s’appuyer sur la ferveur qui entoure le premier tête-à-tête à domicile de leur histoire pour se défaire du Home Farm FC (Irlande) en 16es de finale de la Coupe des Coupes. Tenus en échec à Dublin quinze jours plus tôt (1-1), les Lensois prennent les commandes très tôt par Didier Notheaux, puis un but de Juan Martín Mujica et un triplé d’Alfred Kaiser viennent alourdir l’addition. Plus tard, Robert Llorens vient sceller le sort du match (6-0). Qualifiée pour les 8es de finale, la troupe d’Arnold Sowinski chutera face à l’ADO La Haye, mais l’histoire entre l’Artois et l’Europe ne fait que commencer…
1977/78 : Coupe de l’UEFA
Un premier (très) gros coup ! Deux ans après Dublin, le club artésien a de nouveau rendez-vous avec une grande capitale européenne, cette fois en Coupe de l’UEFA. Après avoir disposé du Malmö FF, les coéquipiers de Daniel Leclercq défient la Lazio en 16es de finale de la compétition. Battus en Italie à l’aller (2-0), ils ont besoin d’une immense performance à la maison pour renverser la vapeur. Dans un Bollaert en feu, le Racing recolle à l’issue du temps réglementaire grâce à un doublé de Didier Six avant d’écraser son adversaire en prolongations. Farès Bousdira, Didier Six – encore lui – et Moncef Djebaili portent le RCL vers un succès iconique (6-0) !
Toutefois, les Artésiens ne parviendront pas à confirmer cette prestation de rêve et seront éliminés face aux Allemands du FC Magdebourg (4-2 en cumulé).
1983/84 : Coupe de l’UEFA
Opposé à chaque tour à une formation belge, le RC Lens n’a jamais démérité pour sa deuxième apparition dans cette compétition. Passés de justesse contre le KAA La Gantoise (3-2 en cumulé) et le Royal Antwerp (5-4 en cumulé), les Artésiens font figure de petit poucet en 8es de finale face au RSC Anderlecht, tenant du titre. Mené dans son antre, le Racing pousse pour recoller au score. À la 90e minute, l’attaquant anderlechtois Kenneth Brylle fait une passe en retrait pour son gardien qui veut dégager, mais le ballon est dévié par… un caillou jeté des tribunes qui propulse le cuir au fond des filets (1-1).
Cette égalisation gaguesque offre alors aux Lensois un nul miraculeux qu’ils ne parviendront pas à faire fructifier au retour (défaite 1-0).
1986/87 : Coupe de l’UEFA
Dans une confrontation face au futur finaliste de la Coupe de l’UEFA, le Dundee United FC, les Sang et Or prennent d’abord le meilleur sur les Écossais à domicile grâce à une réalisation de Daniel Carreño (1-0). Au retour dans l'enceinte du Tannadice Park, les coéquipiers d’Éric Sikora font pâle figure et sortent du tournoi dès les 32es de finale.
1995/96 : Coupe de l’UEFA
Cette campagne européenne débute sur les chapeaux de roues. Face au club luxembourgeois de l’Avenir Beggen, les Artésiens ne font pas de quartier (13-0 en cumulé, record dans l’histoire européenne du club). En 16es, Odessa est également dominé (4-0 en cumulé). Le Racing fait son petit bout de chemin et accède aux 8es de finale pour la troisième fois en quatre participations. En face, le Slavia Prague est un sacré client car futur champion de Tchéquie. Alors qu’ils ont fait le plus dur en ramenant le nul du Sinobo Stadium à l’aller, les coéquipiers de Guillaume Warmuz s’inclinent sur leurs terres lors de la deuxième rencontre (0-1 a.p). L’aventure tourne donc court malgré un départ canon.
1998/99 : Ligue des Champions
Le baptême du feu ! En 1998, Lens est sacré champion de France et valide une nouvelle qualification continentale. Si le club commence à être rompu aux joutes européennes (6 participations), il n’a pas encore goûté à la plus prestigieuse des compétitions. Engagés en Ligue des Champions pour la première fois, les hommes de Daniel Leclercq tombent sur du lourd : Arsenal, Dynamo Kiev et Panathinaïkos. Après deux matchs nuls pour débuter face aux Anglais et aux Ukrainiens (1-1), le Racing défie les Grecs à Bollaert avec l'intention d'obtenir son premier succès. Dans une bataille disputée, Wagneau Eloi fait sauter le verrou dans les dix dernières minutes (1-0). Voilà le premier succès lensois chez les grands d’Europe !
Fin novembre, les Artésiens ont absolument besoin d’un résultat positif à Arsenal pour continuer à rêver dans cette compétition. Costauds, à l’image d’un Guillaume Warmuz infranchissable, ambitieux dans le jeu et portés par les 8 000 voix sang et or qui animent l’enceinte britannique, les Sang et Or réussissent l’exploit. Unique buteur de cette soirée d’anthologie, Michaël Debève fait du RC Lens la première équipe française à s’imposer à Wembley… Rien que ça !
Si l’aventure est splendide, elle prend fin lors de la réception de Kiev (1-3). Lens est deuxième de sa poule, pas suffisant, à l'époque, pour rallier le tour suivant.
1999/00 : Coupe de l’UEFA
Après plusieurs échecs au seuil des 8es de finale de la Coupe de l’UEFA, le Racing a les crocs. Exit le Maccabi Tel-Haviv (1er tour) et le Vitesse Arnhem (32e de finale), le RCL affronte le FC Kaiserslautern avec l'ambition de vivre un printemps européen. Face à une formation qui comporte notamment Youri Djorkaeff dans ses rangs, les Lensois s’inclinent dans l'Artois lors de la première manche (1-2), mais au retour, Joseph-Désiré Job inscrit un triplé avant qu’Alex Nyarko ne vienne parachever le succès artésien (1-4). Plus qu’une qualification, cette victoire est la véritable rampe de lancement d'une épopée.
En mars, Lens défie l’Atlético de Madrid. Après avoir arraché un nul intense à l’aller (2-2, doublé d’Olivier Dacourt), les joueurs de François Brisson éblouissent Bollaert. Bouillants, ils enchaînent les buts dans un duel haletant. Les réductions de l’écart des Colchoneros ne perturbent pas la dynamique enclenchée : les buts de Pascal Nouma, Lamine Sakho et Philippe Brunel envoient le Racing en quarts (4-2) !
Place maintenant au Celta Vigo, qui a étrillé le SL Benfica et la Juventus aux tours précédents. Solides à l’aller (0-0), les Artésiens jouent leur billet pour le dernier carré de la compétition dans une ambiance des grands soirs… qui est refroidie par l’ouverture du score de Haim Revivo avant l’heure de jeu. Mais l’histoire est trop belle pour prendre fin. Rapidement, Valérien Ismaël égalise sur penalty puis, d’une reprise limpide, Pascal Nouma envoie le public lensois au septième ciel (2-1). Pour la première fois de son histoire, le RC Lens fait partie des quatre derniers survivants de la Coupe de l’UEFA au terme d’une soirée qui reste comme l’une des plus belles jamais vécues à Bollaert. L'aventure s'arrêtera au portes de la finale face à Arsenal.
2002/03 : Ligue des Champions
Exalter, encore ! Vice-champion de France en 2002, le RC Lens retrouve la Ligue des Champions pour la campagne 2002-03. Au sein d’une poule très relevée (AC Milan, Bayern Munich, Deportivo La Corogne), l’équipe dirigée par Joël Müller vit une entame délicate (1 nul, 2 défaites). Relancés après leur succès contre La Corogne (3-1), les Lensois reçoivent l’AC Milan avec toujours l’espoir de rallier le second tour de la compétition. Face au futur vainqueur, Rigobert Song et les siens sont logiquement menés mais n’abdiquent pas. D’un contrôle splendide puis d’un centre millimétré, John Utaka trouve la tête de Daniel Moreira qui relance le match avant la pause.
Puis transcendants, les joueurs du Racing emmènent Bollaert avec eux dans la quête d’un exploit. Auteur d’un pressing tout terrain, John Utaka est récompensé de ses efforts et vient crucifier Christian Abbiati du pied droit. Lens est devant et le restera… Quelle performance ! Reversés en C3 après un nul prolifique à Munich (3-3), les Sang et Or tombent face au FC Porto.
2003/04 : Coupe de l’UEFA
Deux petits tours et puis s’en vont. Après un tour préliminaire qualificatif maîtrisé contre le Torpedo Kutaisi (5-0 en cumulé), les Artésiens ne font qu’une bouchée des Macédoniens du Cementarnica Skopje (6-0 en cumulé) avant de s’incliner lourdement lors des rencontres du 2e tour face à la formation turque de Gaziantepspor.
2005/06 : Coupe Intertoto
Une finale européenne à la maison ! C’est le programme des Artésiens à la toute fin de l’été 2005. Vainqueurs successivement des Polonais du Lech Poznań, des Croates du Varteks Varazdin puis des Allemands du VfL Wolfsburg, les coéquipiers d’Aruna Dindane et Issam Jemaa accèdent à la finale de la Coupe Intertoto. Ils sont confrontés au CFR 1907 Cluj, en deux manches. Après le nul obtenu en Roumanie (1-1), les Sang et Or s’imposent facilement à domicile (3-1) sous la houlette de Francis Gillot et glanent ainsi un trophée continental.
2005/06 : Coupe de l’UEFA
À partir de cet exercice 2005/06, les Sang et Or vont jouer trois fois consécutivement la Coupe de l’UEFA. Cette saison, ils se qualifient grâce à leur succès en Coupe Intertoto à l’été 2005. La campagne est notamment marquée par des victoires écrasantes en de la phase de poules. Les Sang et Or s’appuient notamment sur un triplé de Daniel Cousin pour se défaire d'Halmstads BK (5-0), l’attaquant gabonais demeurant par ailleurs le meilleur buteur de l’histoire du club en compétition européenne (12 réalisations).
Cette dixième campagne continentale se conclut par une élimination en 16es de finale face à Udinese Calcio.
2006/07 : Coupe de l’UEFA
Qualifié directement grâce à sa 4e place lors de l'exercice précédent en Ligue 1, le Racing passe un premier tour tranquille face à l'Ethnikos Achna (Chypre), avant de connaître une phase de poules plus mouvementée. Malgré une seule victoire au compteur en quatre rencontres dans ce groupe D, les Lensois parviennent à se hisser, une nouvelle fois, en phase finale.
Les coéquipiers de Yohan Démont - Lensois le plus victorieux de l’histoire européenne du Racing avec 14 succès - disposent du Panathinaïkos (3-1, 0-0) en 8es avant d’affronter le Bayer 04 Leverkusen au tour suivant. Difficilement victorieux à l’aller (2-1), les Artésiens s’inclinent 3-0 au retour face à des Allemands plus réalistes et solides dans leur camp.
2007/08 : Coupe de l’UEFA
Cette campagne débute par une phase qualificative en Coupe Intertoto qui a permis au Racing d’atteindre directement le deuxième tour préliminaire de la Coupe de l’UEFA. Mis en échec à l’aller contre les Suisses du BSC Young Boys (1-1), les Sang et Or se montrent éclatants au retour avec une victoire 5-1 pour l’arrivée de leur nouveau coach Jean-Pierre Papin. Malheureusement, le premier tour ne leur sourit pas et voit FC Copenhague l'emporter au terme de deux confrontations accrochées (1-1, 2-1 a.p).
2023/24 : ligue des champions
L’attente fût longue… mais elle valait le coup ! 16 ans après sa dernière participation européenne, 21 ans après sa dernière rencontre de Ligue des Champions, le Racing renoue avec la C1.
Forts d’un nul enthousiasmant arraché à Séville deux semaines auparavant (1-1), les Sang et Or accueillent Arsenal, vice-champion d’Angleterre. C’est une montagne qui se dresse devant eux mais ils le savent : à Bollaert, tout est possible, et ils vont le prouver ! Menés au score, les Artésiens font s’embraser Bollaert en recollant par Adrien Thomasson, puis en prenant l’avantage par Elye Wahi en seconde période. Comme face au Celta Vigo ou à l’AC Milan par le passé, le RCL renverse son adversaire du soir et réalise un exploit. Il grapille ensuite un point contre le PSV Eindhoven (1-1) et domine, dans les ultimes instants, le Séville FC à Bollaert lors de la 6e journée (2-1). Avec 8 points, 2 succès et 2 nuls, les hommes de Franck Haise terminent 3es et sont reversés en Ligue Europa. Tenus en échec à l'aller face à Fribourg (0-0), ils s'inclinent au retour au terme d'une dure et longue bataille (3-2).
2024/25 : Conference League
7e de Ligue 1 en 2023/24, le Racing retrouve déjà les pelouses européennes à la fin de l'été 2024. Pour accéder à la phase de groupes de la Conference League, les Sang et Or devront dominer le Panathinaïkos, qu'ils affrontent pour la 3e fois sur la scène continentale. Vainqueurs brillamment à l'aller dans la fournaise de Bollaert malgré leur infériorité numérique (2-1), les hommes de Will Still s'inclinent au retour (2-0) et quittent la compétition.