« Le football, ça va vite. » Une lapalissade. En 2016, Jean-Clair Todibo quitte le FC Les Lilas, club de région parisienne, pour rejoindre le centre de formation du Toulouse FC. Deux ans plus tard, le natif de Cayenne prononce cette phrase au sortir de sa première titularisation en Ligue 1 face aux Girondins de Bordeaux, le 19 août 2018. Cinq mois après, le défenseur s’engagera avec le FC Barcelone, le club de ses rêves. Puis, il connaîtra, cinq ans plus tard, sa première apparition avec les Bleus face à l’Allemagne. Sa trajectoire le mène aujourd’hui du côté de l’Artois.
Membre d’une fratrie de six enfants, Jean-Clair Todibo grandit à Bagnolet. Passionné de football, il s’épanouit aussi à la lutte, jusqu’à avoir les qualités pour pouvoir intégrer un cursus sport-études. Formé comme milieu de terrain au FC Les Lilas en Seine-Saint-Denis, celui qui a pour idoles Thiago Motta et Andrea Pirlo se distingue déjà par sa qualité de passe et sa vision du jeu. Sa carrière change de dimension lorsqu’il rejoint le centre de formation du Toulouse FC en 2016.
Chez les Violets, le gaillard d’1m90 doit d’abord s’armer de patience pour se faire une place, avant de faire étalage de ses qualités avec la réserve. Dans l’antichambre toulousaine (8 apparitions en National 3), il aimante tous les ballons et inscrit des buts décisifs, au point d’être comparé à Etienne Capoue, l’un des plus grands talents formés au TFC. Décrit comme un leader technique et vocal, le numéro six est propulsé en équipe première au poste… de défenseur central. En remplacement d’un certain Steven Fortes, il fait ses débuts en L1 contre Bordeaux et ne sort plus du onze pendant dix rencontres - hormis pour suspension.
Après seulement dix matchs dans l’élite, le roc suscite déjà les convoitises. En France, mais aussi en Europe où le FC Barcelone en fait sa priorité dès janvier 2019 en vue de l’exercice 2019/20. Avant sa signature chez les Blaugrana, le Mundo Deportivo le compare en une à Raphaël Varane...
L’apprentissage du (très) haut niveau
En l’espace de trois saisons, Jean-Clair Todibo passe des terrains d’Île-de-France à un vestiaire composé notamment de Lionel Messi et Luis Suarez. À Barcelone, il entre en concurrence avec l’emblématique Gerard Pique, le champion du monde Samuel Umtiti ou encore l’international tricolore Clément Lenglet. Tandis qu’il apprend quotidiennement aux côtés de quelque uns des meilleurs joueurs de la planète football et ajoute à son palmarès le titre de champion d’Espagne 2019, le défenseur joue ses deux premiers matchs de Liga.
En 2019/20, le natif de Cayenne découvre la Ligue des champions en disputant l’intégralité de la rencontre face à l’Inter Milan (1-2) au sein de la défense à trois catalane. Mais, apparu à seulement deux reprises en Liga en première partie de saison, il demande à être prêté pour jouer davantage. En février 2020, le voilà joueur du FC Schalke 04, mastodonte historique de Bundesliga et club minier dont les valeurs font écho à celles du RCL. Il y cumule dix apparitions toutes compétitions confondues – souvent au cœur de la défense à trois – et apprend à défendre dans le camp adverse.
Fort de six mois prometteurs outre-Rhin, il enchaîne un prêt moins fructueux au SL Benfica. Contrarié par des pépins physiques, le joueur d’à peine 20 ans ne trouvera jamais sa place à Lisbonne et rejoint l’OGC Nice pour la seconde partie d’exercice 2020/21. Dans l’Hexagone, il renaît (17 apparitions, 1 but) et contribue à la remontée du Gym au classement (de 13e à 9e).
Le rêve bleu
Prêté avec option d’achat par le club catalan, Jean-Clair Todibo devient définitivement Niçois à l’orée de la campagne 2021/22. Cette dernière est celle de la confirmation. Ainsi, il s’impose comme un pilier de la défense (36 matchs de L1), étant notamment l’Aiglon qui réalise le plus d’interceptions (54) et qui réussit le plus de tacles (39). Tête d’affiche de la meilleure défense de l’élite (35 buts contre), il est l’un des principaux artisans du retour de Nice en Europe et du parcours du club jusqu’en finale de la Coupe de France (défaite 0-1 contre Nantes).
2022/23 n’est qu’une suite logique. En 46 rencontres toutes compétitions confondues, l’ancien Toulousain évolue à plusieurs reprises sur le côté gauche de la défense à trois. Il participe aussi au meilleur parcours européen de l’OGCN au XXIe siècle (quart de finale de Conference League). Des performances qui conduisent Didier Deschamps à l’appeler pour la première fois en équipe de France en mars 2023, sans encore arborer la tunique bleue en match.
Sur sa lancée, Jean-Clair brille en 2023/24, s’affirmant parmi les tout meilleurs défenseurs de Ligue 1. Sous les ordres du tacticien italien Francesco Farioli, le numéro 6 progresse encore balle au pied et développe une nouvelle facette de son jeu en délivrant deux assists – d’un long service pour Terem Moffi contre Strasbourg (2-0) et d’un centre rasant pour Evann Guessand contre Lorient (3-0). Signe de son épaisseur grandissante, il porte même le brassard de capitaine en l’absence de Dante.
Incontournable des rassemblements des Bleus en 2023, Jean-Clair Todibo honore sa première cape face à l’Allemagne en septembre, puis sa seconde lors de la plus large victoire de l’histoire des Bleus contre Gibraltar (14-0) en novembre.
Sang & Or pour une saison
C’est auréolé du statut d’international français que le défenseur rejoint le West Ham United à l’été 2024. Au sein du très exigeant championnat de Premier League, il gratte 1 833 minutes de jeu (27 apparitions) et contribue au maintien des Hammers dans l’élite. Il vit un dernier exercice (23 matchs) plus contrasté collectivement, marqué par la relégation des Londoniens en Championship.
Défenseur de haut niveau et international français (2 sélections), Jean-Clair Todibo signe son retour en Ligue 1 McDonald’s. Valeur sûre du championnat de France (125 matchs), il retrouvera l’élite et la Ligue des champions sous les couleurs sang et or. Le roc défensif a paraphé un prêt sec d’une saison avec le Racing.
Jean-Louis Leca, Directeur sportif du Racing : « Avec Jean-Clair, c’est un nouvel international français qui renforce nos rangs. Sa venue concrétise notre volonté de recruter un défenseur d’expérience, habitué de l’exigence du très haut niveau. Une exigence qu’il a connue notamment en équipe de France, au FC Barcelone et ces deux dernières saisons en Premier League. Ses qualités ne sont plus à présenter en Ligue 1. Sa capacité à gagner les duels, sa lecture du jeu et son excellente qualité de passe nous ont séduits. Sa personnalité solaire sera un atout pour le vestiaire. L’intérêt était réciproque et Jean-Clair s’est montré très déterminé à l’idée de nous rejoindre. Bienvenue dans la puissance de Bollaert ! »