23 août 2020. Au cœur de la nuit lisboète, Michaël Cuisance vit un rêve éveillé. Vainqueur du Paris SG dans une finale étriquée, « son » Bayern Munich soulève sa sixième Ligue des Champions. Pour le milieu de 21 ans, il s’agit alors du plus grand accomplissement de sa jeune carrière. Une carrière tout sauf linéaire, à la trajectoire singulière, qui l’amènera à retrouver le chemin de la plus belle des compétitions européennes six années plus tard, sous le maillot sang et or.
JEUNESSE EN BLEU BLANC ROUGE
Retour en 1999. Né à quelques hectomètres de la Meinau, c’est à Strasbourg que Michaël Cuisance touche ses premiers ballons. Arrivé au RCSA à l’âge de 8 ans, le milieu étonne par sa détermination. Cinq années passées en bleu et blanc, suivies d’un court passage de deux saisons au SC Schiltigheim, forgent l’ambition du jeune gaucher qui quitte le cocon familial pour rejoindre l’AS Nancy Lorraine à l’été 2014. Doté d’une excellente compréhension du jeu, « Mickzo » brille en Lorraine et connaît ses premières capes en Équipe de France. Il dispute sa première compétition internationale – l’Euro U17 – dans la peau d’un titulaire. Élément fiable du double-pivot tricolore lors de l’Euro U19 deux ans plus tard, il est à nouveau un acteur majeur de l’épopée des Bleus jusqu’en demi-finale. Ses performances attirent alors l’attention de plusieurs grands clubs européens.
UN DESTIN Forgé outre-rhin
À l’aube de la saison 2017/18, Michaël Cuisance quitte l’ASNL. Malgré l’intérêt prononcé du Manchester City de Pep Guardiola, l’Alsacien choisit la proximité en rejoignant le Borussia Mönchengladbach, récent 9e de 1. Bundesliga. Considéré comme l’un des plus grands espoirs du football français, l’élégant gaucher, qui vient de signer son premier contrat professionnel à 17 ans, dépasse toutes les attentes. Lancé dans le grand bain dès la 5e journée de championnat face à Stuttgart (2-0), il connaît 15 jours plus tard sa première titularisation face à Hanovre et délivre une passe décisive, participant au succès des siens (2-1). Précieux pour son abattage et sa capacité de projection, le numéro 27 se révèle en réalisant une première saison pleine (26 apparitions), qui le voit élu « joueur de la saison » par les supporters du Borussia.
Au sortir d’une seconde saison plus irrégulière (14 apparitions toutes compétitions confondues) avec les Poulains, le jeune milieu intéresse les grandes écuries outre-Rhin, à commencer par le Bayern Munich, qu’il rejoint à l’été 2019. Propulsé dans le plus grand vestiaire d’Allemagne, Michaël Cuisance se frotte aux exigences du très haut niveau aux côtés de ses compatriotes Kingsley Coman, Benjamin Pavard, Lucas Hernandez et Corentin Tolisso. Au Bayern, il évolue sous les ordres de Julian Nagelsmann et côtoie déjà Dino Toppmöller, alors entraîneur adjoint. Auteur de 9 apparitions en 1. Bundesliga, l’International Espoirs français (1 sélection) termine l’exercice 2019/20 sur une bonne note en cumulant 3 titularisations lors des 4 derniers matchs de championnat. Vainqueur du triplé 1.Bundesliga – coupe d’Allemagne – Ligue des Champions lors d’une saison exceptionnelle, l’Alsacien engrange une expérience précieuse, mais aspire à plus de temps de jeu.
Expérience(s) européenne(s)
C’est dans cette optique que Michaël Cuisance rallie la France pour la saison 2020/21, en rejoignant l’Olympique de Marseille en prêt. Davantage utilisé dans une position de numéro 10 par André Villas-Boas, il accumule les minutes en Ligue 1 (23 apparitions) et en Ligue des Champions (6 apparitions) au cœur d’une saison phocéenne mouvementée. Moins utilisé avec l’arrivée du volcanique Jorge Sampaoli en fin de saison, il est cependant l’artisan du renouveau marseillais en marquant coup sur coup au Vélodrome face à Rennes (1-0) puis Brest (3-1).
Revenu de cette année riche en émotion, Michaël Cuisance entame l’exercice 2021/22 avec le Bayern Munich, mais peine à s’imposer. En janvier, il quitte définitivement la Bavière pour le Venezia FC, fraîchement promu en Serie A. Positionné dès son arrivée en milieu relayeur dans le 4-3-3 vénitien, il enchaîne les titularisations (13) mais ne peut éviter la relégation des Arancioneroverdi. Malgré les sollicitations, « Mickzo » entame l’exercice suivant avec son club en Serie B. Buteur lors des deuxième et troisième journées, il réalise une nouvelle demi-saison pleine avant d’être prêté à l’UC Sampadoria. Peu utilisé dans sa position préférentielle, Michaël Cuisance boucle la saison 2023/24 avec 12 apparitions en Serie A, mais surtout avec l’envie de retourner là où tout a commencé.
Willkommen back
Peu épanoui en Italie, Michaël Cuisance choisit de revenir là où tout a commencé : en Allemagne. Prêté par le Venezia FC, il découvre la 2.Bundesliga sous les couleurs du VFL Osnabrück de Tobias Schweinsteiger, frère de l’illustre milieu de terrain de la Mannschaft et ancien coach de la réserve du Bayern. Fort d’une saison réussie sur le plan individuel (3 buts et 1 passe décisive en 23 titularisations), le milieu de 24 ans s’engage au Hertha Berlin à l’issue de l’exercice 2023/24.
Installé dans la capitale allemande, Michaël Cuisance réalise la meilleure saison de sa carrière. Auteur de 7 buts et 7 passes décisives en 34 rencontres toutes compétitions confondues, le milieu se montre rapidement décisif en marquant lors de trois matchs consécutifs dès le début de saison (face à Elversberg, Schalke et Braunschweig). Utilisé en position de milieu relayeur ou sur l’aile droite, l’Alsacien impressionne par son abattage (il est l’un des joueurs de 2.Bundesliga qui court le plus) et par son dynamisme (deuxième joueur de 2.Bundesliga qui effectue le plus de courses à haute intensité). Dans la continuité de 2024/25, l’exercice 2025/26 de Michaël Cuisance est tout aussi satisfaisant. Devenu un rouage important du Hertha, il prend la responsabilité des coups de pied arrêtés et des penaltys. Installé tantôt en position de meneur de jeu ou dans le double-pivot du 4-2-3-1 de Stefan Leitl, le meilleur dribbleur berlinois (1.5 dribble réussi par match) réalise une nouvelle saison pleine (3 buts et 5 passes décisives en 31 rencontres de championnat) et contribue à la belle 7e place du Hertha.
LENSOIS JUSQU’en 2030
À 26 ans, Michaël Cuisance aborde l’un des meilleurs moments de sa carrière. Fort de deux saisons abouties en Allemagne, ce talent précoce devenu symbole de résilience traverse à nouveau le Rhin pour rallier l’Artois. Milieu complet, créatif et capable d’enchaîner les efforts avec intensité, l’Alsacien s’engage jusqu’en 2030 avec le Racing Club de Lens.
Jean-Louis Leca, Directeur sportif du Racing : « Nous sommes très heureux d’officialiser l'arrivée de Michaël au Racing. Michaël est un joueur doté de grandes qualités techniques et d'un volume de jeu qui font de lui un joueur parfaitement compatible avec l'identité de jeu du club. Son parcours, riche d'expériences en France comme à l'étranger, lui a permis de développer une solide force de caractère et une grande résilience. Ses deux dernières saisons pleines au Hertha Berlin témoignent de sa progression et de sa régularité. Au Racing, il trouvera un environnement propice à son épanouissement et à la poursuite de son développement. Il retrouvera également Dino Toppmöller, qu’il a côtoyé lors de son passage au Bayern Munich, un atout supplémentaire pour son intégration. Bienvenue au Racing Michaël ! »
LES LENSOIS SAISON 2
Après une première saison qui aura vu chaque recrue découvrir la ville de Lens aux côtés de l’un de ses habitants et supporters, Les Lensois reviennent pour une deuxième saison. Cette fois, cap sur les souvenirs européens du Racing Club de Lens. Accompagnée d’une légende du club, chaque recrue replonge dans un souvenir du passé européen du Racing afin de s’imprégner de son identité et de l'héritage laissé par celles et ceux qui l'ont précédée.
Pour ce premier épisode, Michaël Cuisance est accompagné de Vladimir Šmicer, direction Londres. C’est dans la capitale anglaise que le Tchèque et ses coéquipiers sont devenus, en 1998, la première équipe française à s’imposer à Wembley en Ligue des champions, au terme d’une soirée historique vécue par des milliers de supporters lensois ayant traversé la Manche. À Michaël Cuisance et à ses coéquipiers, désormais, d’écrire la suite de cette histoire.
LENS IS CALLING !