Il n’en revient pas lui-même. Assis dans le hall du Centre technique et sportif de La Gaillette à Avion, Joël Bocquet écarquille les yeux au moment de raconter son arrivée au Racing Club de Lens. « Ça va faire bientôt 55 ans », raconte-t-il. « À l’époque, je travaillais comme ouvrier mineur à Hulluch (ville des Hauts-de-France où il réside toujours) et c’est l’un de mes collègues, Fernand Brasmes, qui m’a proposé de devenir dirigeant ». Habitant la région depuis toujours, il a baigné dans la culture sang et or dès le plus jeune âge. « J’allais voir les entrainements des pros au terrain rouge à côté du stade Bollaert ».
Il effectue ses premiers pas au Racing auprès des pupilles. Aujourd’hui à la retraite, il s’occupe principalement des U9. « Ma mission première consiste à accompagner l’équipe. Je me charge donc d’apporter les équipements, de faire la feuille de match,… » Mais au-delà de l’aspect technique, un dirigeant est aussi le garant d’un esprit de groupe. Une chose à laquelle le septuagénaire est très attaché. « Le football est avant tout collectif. C’est ce qu’on essaye d’inculquer aux plus jeunes. » Selon lui, avoir une bonne mentalité sur et en-dehors du terrain est essentiel pour un footballeur. « Je transmets des valeurs de savoir-vivre et de respect d’autrui car je considère qu’il faut avoir un état d’esprit irréprochable pour être un bon joueur. L’autre part de mon travail est de discuter avec les enfants et l’entraineur après les matchs afin de soumettre des aspects à corriger, à améliorer. » Sa plus grande satisfaction dans son métier ? « C’est quand je vois les jeunes atteindre le plus haut niveau ». Et ça, des joueurs élites, il en a vu passer un bon nombre.
« SIKO ? Déjà chez les jeunes, il AVAIT Une mentalité de battant ! »
Lorsque Joël Bocquet examine le mur où sont accrochés les trophées des « Gaillette d’Or », honorant les meilleurs jeunes de l’histoire du centre de formation, il ne peut s’empêcher de rire à chaque nom qu’il reconnaît. Les souvenirs reviennent petit à petit. Des plus anciens comme « Yoann Lachor, Pierre Laigle, Chérif Oudjani » aux plus récents tels que « Gaël Kakuta, Benjamin Bourigeaud ». Mais le plus marquant à ses yeux reste Éric Sikora. « Lui, c’est la vedette ! » s’amuse-t-il. « Il était impressionnant à tous les niveaux et il avait déjà une mentalité de battant. »
Avec « ses joueurs », le dirigeant a pu partager des instants mémorables, en particulier durant les tournois auxquels il a pris part aux côtés des enfants.« On a été à Marseille, Grenoble, Roncq,… Mais aussi en Guadeloupe et en Italie. » Parmi toutes ces compétitions, une lui reste en tête plus que les autres : « Le tournoi du Paris Saint-Germain, c’était quelque chose ! » se remémore-t-il en souriant. « Je l’ai fait durant six saisons consécutives, le week-end de la Pentecôte. Le niveau était élevé avec des équipes comme Bordeaux, Rennes, ou encore Glasgow, l’Inter de Milan… mais on a réussi à gagner deux fois ! » Tous ces beaux moments l’encouragent à poursuivre sa mission de transmission.
« JE SERAI SANG ET OR JUSQU’à LA FIN »
« Quand je m’engage, je vais au bout des choses. Je suis un amoureux de ce sport et tant que je pourrai assumer mon rôle, je continuerai. » Confronté à des problèmes de santé depuis quelques temps, Joël Bocquet s’attache à sa passion pour le ballon rond et son affection pour le club sang et or. « Le Racing a gardé certaines valeurs. Et c’est surtout le côté familial qui me plaît beaucoup, même s’il a un peu évolué avec le temps. » reconnaît-il. Depuis son arrivée, il a pu tisser des liens solides notamment avec son collègue et ami, Jean-Claude Kura. « On travaille ensemble avec les U9. On est uni comme les doigts de la main tous les deux. » Cet esprit d’équipe est un de ses moteurs.
Encore aujourd’hui, l’Hulluchois ne cesse de démontrer son engagement. Le 11 novembre dernier, il participait à nouveau au tournoi à Paris avec les U9, un de plus. Une énième compétition qui vient garnir une armoire à souvenirs déjà bien remplie.