Régis, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre passion pour le Racing ?

« J’ai 68 ans et je suis retraité. Je travaillais chez Renault à la production sur chaine puis en tant qu’électromécanicien. Je suis de la région puisque je suis né à Douai et j’habite actuellement à Montigny-en-Ostrevent. 

J’ai rencontré ma femme à Bollaert-Delelis en 1978, lors de RC Lens-AS Monaco. Si l’on a perdu 3-2 à cause d’une erreur d’arbitrage et que l’on est descendus en Ligue 2, j’ai gagné ma femme (Ndlr, rires). J’ai deux grands enfants qui - comme moi - sont abonnés en Marek. Un de mes petits-enfants est lui aussi passionné du Racing. J’ai démarré en 1973 en Secondes. Deux ans plus tard, je suis parti à l’armée et, à mon retour en 1977, on a créé notre propre section de supporters à Lallaing. Depuis, on part en bus au stade. Je suis issue d’une famille de mineurs donc ma passion pour le Racing est née du lien fort avec le bassin minier. Je me suis facilement identifié au Racing Club de Lens. » 

 

En 2022, votre quotidien a été bouleversé par le diagnostic d’un cancer. Comment l’avez-vous vécu ?

« Depuis mes 50 ans, je reçois tous les deux ans un test de dépistage par hémoccult. C’est envoyé gratuitement par la Caisse primaire d'assurance maladie. Il y a seulement un prélèvement à faire soi-même à envoyer en laboratoire. Je prends toujours le soin de le faire car je trouve que c’est important. Et, en 2022, il a été décisif... 

Alors que je n’avais aucun symptôme, on s’est aperçu grâce à cet examen que j’avais du sang dans les selles, invisible à l’œil nu. À la suite de cela, mon médecin traitant m’a prescrit une coloscopie ce qui a permis de diagnostiquer un cancer du rectum. Sans ce test, la maladie aurait sûrement progressé. Quand j’ai entendu le mot « cancer », ça a été un choc. Mais les médecins m’ont rassuré, car j’ai été pris en charge très tôt et il y avait de bonnes chances de guérison. J’ai ensuite été traité par chimiothérapie pendant six mois. Puis, pour assécher la tumeur, j’ai réalisé 29 séances de rayons. Pour finir, on m’a opéré du rectum, ce qui m’oblige à vivre avec une poche pour aller aux toilettes. Je dois toujours calculer avant de sortir. Parfois je ne mange pas pour ne pas avoir de désagréments. Aujourd’hui, les médecins ne parlent pas de rémission mais de guérison. » 

 

En ce mois d’octobre, le RC Lens s’associe à la Ligue contre le cancer en promouvant, entre autres, une vidéo dans laquelle vous apparaissez. Que ressentez-vous à l’idée de participer à cette campagne de soutien et de sensibilisation ?

« Ça ne me surprend pas car cela correspond aux valeurs fortes du club qui a l’habitude de porter des actions qui ont du sens. Il a toujours été engagé et je suis très heureux de contribuer à cette campagne, dont la cause me tient forcément très à coeur. Je pense qu’il est important de parler du cancer. Ce n’est plus un tabou alors qu’il y a plusieurs années de cela, on savait très bien que peu de malades s’en sortaient donc c’était plus délicat. Depuis, la médecine a beaucoup évolué et le corps médical informe bien. »

 

Au stade de la maladie, vous avez traversé des moments compliqués. Comment votre passion pour le Racing vous a-t-elle aidé ?

« Le RC Lens a joué un rôle important dans ma guérison. Cela m’a aidé à surmonter des moments difficiles, notamment pendant la chimiothérapie. Il y avait de nombreux effets secondaires, comme les nausées et la fatigue. J’étais heureux de retrouver les copains en Marek. Pendant un instant, je pouvais oublier la maladie au milieu de cette foule de passionnés. J’avais tout de même une appréhension à cause de la poche. Même si elle est censée tenir, il peut arriver qu’elle se décolle ou se fissure. Mais en tribune, mes amis et ma famille étaient autour de moi, je me sentais protégé. De toute façon, je ne me voyais pas rester à la maison avec un cancer. Ma passion, c’est Lens et le plaisir de retrouver mes potes au stade, que l’on perde ou que l’on gagne. Dans le malheur ou dans la gloire. »

 

Quel message aimeriez-vous faire passer ?

« Beaucoup de personnes autour de moi refusent de se faire dépister, alors que c’est essentiel. Grâce à cela, on peut être soigné à temps. Avec ce genre de pathologie et son caractère héréditaire, il ne faut surtout pas hésiter à faire des tests réguliers. » 

PRÉVENIR ET PROMOUVOIR

En France, le cancer colorectal touche environ 43 000 personnes chaque année. Il est le deuxième cancer le plus fréquent dans le pays, après le cancer du sein. Il est recommandé de se soumettre à un dépistage à partir de 50 ans pour détecter ce cancer à un stade précoce, ce qui augmente les chances de traitement efficace et de survie. 

Pour obtenir plus d'informations, rendez-vous sur le site internet de la Ligue contre le cancer

à ce stade, c’est l’union qui guérit

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