Grand passionné de football, Dino Toppmöller suit une trajectoire atypique. Ancien joueur de 2. Bundesliga (128 matchs), il embrasse très tôt un parcours d’entraîneur, s’inscrivant dans la lignée de son père Klaus, ancien international allemand et finaliste de la Ligue des champions avec le Bayer Leverkusen en tant qu’entraîneur. À l’Eintracht Francfort, il contribue notamment à la montée du club dans l’élite en 2003 en inscrivant un doublé lors de l’avant-dernière journée.
Première aventure en « jaune et rouge »
Reconnu pour son leadership, celui qui est capitaine à plusieurs reprises au cours de sa carrière découvre un nouveau rôle en 2012 en devenant l’entraîneur adjoint du SV Mehring, avant d’assurer l’intérim pour pallier le départ du coach en place. Il devient ensuite entraîneur-joueur du Hamm Benfica en deuxième division luxembourgeoise (2014/15). Alliant expertise tactique et gestes décisifs sur le terrain, il est l’artisan majeur de la promotion de l’équipe.
Au Grand-Duché, les résultats obtenus par le jeune tacticien allemand (36 ans) ne passent pas inaperçus. En 2016, il prend la tête du F91 Dudelange, club phare du Luxembourg, avec lequel il remporte le championnat trois saisons de suite. Minutieux et exigeant, le coach réussit même le triplé (BGL Ligue, Coupe du Luxembourg et Coupe de la Ligue) en 2017 et 2019. À quelques kilomètres seulement de la frontière, il apprend également le français au point de devenir parfaitement bilingue et de suivre assidument la Ligue 1 McDonald’s.
Véritable consécration, l’exercice 2018/19 le voit qualifier les « jaune et rouge » pour la phase de poules de la Ligue Europa, une première dans l’histoire du club. Aucune formation luxembourgeoise n’avait alors atteint ce niveau d’une compétition UEFA. Confronté à l’AC Milan, l’Olympiakos et le Real Betis, le technicien poursuit son apprentissage du haut niveau. Il trouvera notamment la recette pour accrocher les Sévillans à Josy Barthel (0-0). Au terme de trois saisons abouties, Dino Toppmöller quitte Dudelange avec un bilan exceptionnel de 70 % de succès.
L’Europe au cœur de son parcours
Décrit comme un entraîneur prometteur, l’Allemand dirige pendant six mois le Royal Excelsior Virton, fraîchement promu en deuxième division belge, puis rejoint le staff de Julian Nagelsmann au RB Leipzig en 2020. Tout juste arrivé, il participe au « Final 4 » de la Ligue des champions au cours duquel le RBL atteint les demi-finales.
Reconnu pour son management et sa capacité d’écoute, il tisse une relation de confiance avec les joueurs. Il perfectionne aussi son français au contact des nombreux francophones du vestiaire : Dayot Upamecano, Ibrahima Konaté, Nordi Mukiele, Christopher Nkunku ou encore un certain Amadou Haidara.
Aux côtés de Nagelsmann, il baigne dans l’idée d’un football proactif, basé sur le jeu de position et l’intensité. Il accompagne naturellement le jeune tacticien au FC Bayern en 2021. Là encore, sa communication avec le groupe est appréciée et il devient l’interlocuteur privilégié des Français Dayot Upamecano, Benjamin Pavard, Lucas Hernandez, Corentin Tolisso ou encore Kingsley Coman. Ce grand travailleur apporte également sa vision du jeu en élaborant les combinaisons du club bavarois sur coups de pied arrêtés (12,82 buts attendus sur phase arrêtée – plus haut total de Bundesliga).
Au sein de la garde rapprochée de l’actuel sélectionneur de la Mannschaft, il contribue aux sacres du Bayern en Bundesliga et en Supercoupe (2022 et 2023), et prend les rênes du géant bavarois pendant quatre matchs en l’absence de l’entraîneur principal.
2024/25, le top du topp’
Profil scruté outre-Rhin, Dino Toppmöller devient l’entraîneur principal de l’Eintracht Francfort en juillet 2023, trente ans après son père. Dès sa prise de fonction, le technicien met en place un système en 3-4-2-1 et enchaîne les performances. Ainsi, il ne perd aucun de ses neuf premiers matchs officiels ; une performance rare que seuls Dietrich Weise (1973) et Armin Veh (2011) avaient réalisée dans le football professionnel allemand. Régulière, son équipe termine 6e de Bundesliga – une place qu’elle a occupée pendant 17 journées – et tient la dragée haute à Dortmund (3-3), au Bayern (5-1) et à Leipzig (2-2). Il dirige en parallèle dix rencontres de Ligue Conférence.
En progression constante, « son » Eintracht monte encore en puissance en 2023/24. Résolument offensive, elle est la troisième formation de Bundesliga qui tire le plus (480 fois) et la quatrième qui marque le plus (68 réalisations). Rodés collectivement, les Aigles ne s’inclinent que deux fois lors des treize premières journées, dominant sur la période Hoffenheim (3-1), Wolfsburg (1-2), Mönchengladbach (2-0), Stuttgart (2-3) ou encore Bochum (7-2). Installés sur le podium, ses hommes s’offrent notamment le scalp de Dortmund (2-0), Leipzig (4-0) et Fribourg (1-3) sur la phase retour. Pour la première fois depuis 32 ans, Francfort (3e) termine dans le top 4 de la Bundesliga et obtient la troisième qualification de son histoire en Ligue des champions (1959 et 2023).
Intraitables, les Francfortois atteignent les quarts de finale de la Ligue Europa. En dominant le Slavia Prague (1-0) en novembre, les joueurs de Dino Toppmöller marquent dans un 17e match de C3 consécutif, établissant le nouveau record pour une écurie allemande. Tombeurs de l’Ajax, ils chutent de peu en quarts de finale face à Tottenham (1-1, 0-1), futur vainqueur de la compétition.
L’expérience de la Ligue des champions
Cette saison, le polyglotte qui maîtrise l’allemand, l’anglais et le français surfe d’abord sur la vague de l’exercice précédent. Orphelin des cadres Kevin Trapp, Omar Marmoush ou Hugo Ekitike, Francfort conserve un visage conquérant et livre des festivals contre le Werder Brême (4-1), à Mönchengladbach (4-6) et à Cologne (3-4).
En Ligue des champions, le coach réussit son baptême du feu face à Galatasaray (5-1). L’enchaînement des matchs contrarie néanmoins la dynamique des Aigles qui vivent ensuite cinq matchs sans succès (Atlético de Madrid, Liverpool, Naples, Atalanta et Barcelone). Un dur apprentissage du très haut niveau européen, mais une expérience riche en enseignements pour l’entraîneur qui retrouvera la C1 dans l’Artois.
Après deux saisons et demie durant lesquelles le tacticien s’est affirmé parmi les meilleurs de l’élite allemande, Dino Toppmöller et Francfort mettent un terme à leur collaboration en janvier dernier. Protecteur dans son discours, il aura stabilisé les Aigles à la 7e place, tandis que l’équipe terminera 8e et non qualifiée pour une compétition européenne à l’issue de l’exercice 2025/26.
Cinq mois après son départ de Francfort, Dino Toppmöller s’installe sur le banc artésien. Réputé pour sa science du jeu et son approche humaine, cet adepte de la défense à trois s’inscrira dans la continuité sportive au Racing, tout en apportant sa propre patte tactique. Le Sarrois de 45 ans s’engage dans l’Artois pour les deux prochaines saisons.
Le coach, accompagné de Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca, sera présenté ce mardi à 11h lors d’une conférence de presse diffusée en intégralité sur les canaux du club.
Benjamin Parrot, Directeur général du Racing : « Nous sommes ravis d’annoncer la nomination de Dino Toppmöller, un profil référencé en Europe qui conjugue expertise tactique, expérience des compétitions européennes et grandes qualités humaines. Le RC Lens et Dino, c’est la rencontre de deux trajectoires ascendantes, deux challengers qui partagent un langage commun, l’intensité. À l’aube d’une saison qui marquera le retour du club en Ligue des champions, travailler avec un coach qui connaît les exigences d’un rythme hebdomadaire aussi soutenu est un facteur extrêmement positif. Premier entraîneur allemand de l’histoire du Racing, Dino s’inscrit dans la continuité de notre projet, à la fois par ses idées de jeu et sa faculté à faire progresser les jeunes joueurs. Nous lui souhaitons la bienvenue au Racing ! »
Jean-Louis Leca, Directeur sportif du Racing : « L’arrivée de Dino est une grande satisfaction pour nous. Très vite, nous avons été convaincus, avec Benjamin, par la cohérence entre sa vision globale et le projet du club. Dino a exactement le profil que nous recherchions. C’est un entraîneur qui a dirigé 45 rencontres européennes, qui connaît la Ligue des champions, qui parle plusieurs langues dont le français et qui a la réputation de faire progresser les jeunes joueurs. Ses expériences en Allemagne, au contact de joueurs internationaux et de staffs de haut niveau, lui ont permis d’enrichir son parcours et d’affiner son approche tactique. Dino est un adepte de la défense à trois et sa volonté de produire un football tourné vers l’avant colle à notre ADN. Je suis persuadé qu’il permettra au club de poursuivre sa progression. »