
C’est un programme officiel de l’UNESCO [Ndlr, Organisme des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture] qui existe depuis déjà deux ans avec le Stade de France. Il s’agissait, à l’époque, d’y accueillir des jeunes en difficulté scolaire, issus de collèges et de lycées de ZEP [Ndlr, Zone d’éducation prioritaire] afin de leur permettre de découvrir un certain nombre d’outils d’organisation personnelle qui les a aidé à mémoriser, synthétiser et clarifier ce qu’ils ont présenté.
La première étape est l’élaboration de la carte heuristique. C’est un outil qui permet d’organiser et de synthétiser un projet et des idées où sont indiqués des dates, des données logistiques, des horaires, des plannings, des lieux…

L’idée de « Stade Sup » est aussi d’utiliser le multimédia afin de réaliser, grâce à dix séances de trois heures, un contenu audiovisuel. Ce contenu aborde des thèmes qui tournent autour du stade et qui vont intéresser les jeunes. Il s’agit de rencontrer des gens du marketing, de la communication, des sportifs, des jardiniers... Pour les filmer et les interviewer, ils doivent avoir un minimum de connaissances sur la prise de son par exemple... Pour se faire, ils sont encadrés par des spécialistes de l’audiovisuel, des formateurs en heuristique et un journaliste.
«On met à disposition des jeunes tout notre réseau. »
Jimmy Adjovi-Boco parle du projet qui a été élaboré autour du stade de France : « Au stade de France, il y a 140 métiers. Il s’agissait de faire du stade un lieu de partage des savoirs. Le stade, c’est quelque chose de mythique. C’est un lieu où l’on prend du plaisir et où plusieurs notions sont réunies comme le travail, la solidarité, les valeurs du sport… ».
A travers leur blog, suivez les aventures de Fatma, Yohaline, Azdine et Aristote made in « Stade Sup » au stade de France.
Cette année, c’est au stade Félix-Bollaert que le « Stade Sup » fait son apparition ! Depuis quelques semaines, trente élèves du collège Jean Zay de Lens ont investi l’antre lensois et en ont visité les travées afin de prendre connaissance de l’environnement.
Ce mardi après-midi, rclens.fr a été accueilli au stade par ces jeunes qui entamaient leur deuxième séance. Jimmy Adjovi-Boco commente : « Cet après-midi, c’est la prise en main d’un outil que l’on appelle la carte heuristique (cartographie de l’information). Chaque groupe crée sa carte de projet. L’étape « multimédia » s’effectuera la semaine prochaine avec l’utilisation des outils informatiques, des caméras… qui leur permettront d’interviewer, par la suite, les intervenants des différents domaines. »

Des acteurs du Racing club de Lens, tels que des entraîneurs, des joueurs, viendront faire part de leur expérience et partageront les valeurs de leur club et d’un sportif de haut niveau. « On s’aperçoit que les jeunes sont en difficulté car ils manquent de repères, de valeurs, de modèles… Les rencontres peuvent déclencher une réaction, faire naître un déclic. » explique Jimmy Abjovi-Boco. « Les intervenants auront l’occasion de parler de leur parcours, de leur expérience, de venir participer à quelques séances. Il y aura notamment un atelier d’Anglais. L’idéal serait que Franck Queudrue, qui a joué dans des clubs anglais pendant un peu plus de huit ans, vienne leur parler. Je ne lui ai pas encore demandé mais je sais qu’avec lui il n’y aura pas de problème ! [Ndlr, Sourires] En plus, les joueurs font rêver ces jeunes. Donc si, à travers ce rêve, on peut leur faire passer quelques messages, c’est là tout l’intérêt du projet ! »

Isabelle Dubus, chef de projet région Nord-Pas de Calais - « Stade Sup » Bollaert, mène la totalité du projet aux côtés d’Audrey Akoun, formatrice à l’Ecole française de l’heuristique. Toutes deux encadrent les élèves mais aussi quelques professeurs qui sont intéressés par cet outil qu’est la carte heuristique : « Le chef d’établissement du collège Jean Zay de Lens a demandé, voyant l’outil heuristique si intéressant, une formation pour l’ensemble des professeurs. » se ravit Jimmy Abjovi-Boco.
Pour cette première session qui a débuté en novembre qui se clôturera en février, « Stade Sup » encadre des jeunes de troisième d’insertion et de troisième SEGPA [Ndlr, section d'enseignement général et professionnel adapté]. En mars, d’autres personnes feront partie du projet : le centre social d’Achicourt - avec des jeunes qui seront inscrits en libre adhésion à ce programme, des jeunes encore en scolarité âgés de 13 à 17 ans, d’autres en décrochage, et certains déjà intégrés à des programmes d’insertion professionnelle par le biais de missions locales et autres.

Isabelle Dubus explique le programme du jour : « Aujourd’hui, les jeunes retravaillent sur la carte heuristique qu’ils ont élaborée la semaine dernière. Elle consiste à repérer le jeu visio-spatial et aider dans le domaine de la mémorisation. Cela leur permet d’avoir une certaine autonomie lors de leur apprentissage. Elle aide ceux qui ont des problèmes rédactionnels, à repositionner leurs idées et à proposer une réflexion différente autour de cet outil. »
Les élèves sont répartis en plusieurs groupes qui aborderont chacun un thème :
Chaque thématique correspond à une discipline scolaire. Cela permet aux enseignants de se réapproprier le travail qui sera fait de manière globale au cœur du programme scolaire.
