Histoire | RC Lens
Symbole du passé minier du Racing et de la ville de Lens, le stade Bollaert-Delelis est aujourd’hui le lieu où se déploie la ferveur du public artésien et se déroulent les rencontres des Sang et Or. Cet écrin, qui a connu plusieurs rénovations, est au cœur de l’histoire du club lensois depuis 90 ans.
Bollaert sort de terre

Au tournant du XXème siècle, le football fait son apparition en France. À Lens, les étudiants prennent l’habitude de s'affronter chaque week-end sur la Place Verte (aujourd’hui renommée Place de la République). À sa création en 1906, le Racing Club Lensois évolue naturellement sur la Place Verte mais doit rapidement déménager sur la pâture Mercier pour ne pas déranger le voisinage. Étroitement liée à l'évolution du Racing, la Compagnie des Mines met ensuite à la disposition des Lensois un vaste champ qui devient leur nouveau terrain de jeu. Lorsque la société minière récupère le terrain pour y construire des logements en 1912, les Artésiens prennent leurs quartiers au Parc de la Glissoire.


Au sortir de la guerre, le Racing s’entraîne sur la pâture Tacquet puis obtient l’accord de la Ville de Lens pour disputer ses rencontres au stade Raoul-Briquet (désormais appelé stade Léo Lagrange), tout en continuant de s’entraîner au Parc de la Glissoire. La promotion de l’équipe en Division d’Honneur et l’engouement naissant autour de l’équipe motivent la Compagnie de Mines à s’impliquer davantage dans le club. La 6 novembre 1929, l’entreprise investit dans une parcelle située entre les Fosses 1 et 9 pour y bâtir un stade. La construction est confiée à 180 mineurs et l’inauguration a lieu le 19 juin 1933, à l’initiative de Félix Bollaert.

Disparu en 1936, celui qui était Président du Conseil d’Administration des mines de Lens donne son nom à l’antre artésien. Le stade a alors une forme ovale et comporte deux petites tribunes.

Soutien de la ville de lens

Pendant de nombreuses années, les Houillères assurent l’entretien et les travaux d’aménagement du stade avec, notamment, l’inauguration des premières installations de nuit le 20 avril 1954. 

 

En 1969, la crise économique que traverse la Compagnie des Mines met un terme à la relation entre la société et le club. Les Houillères n’ont plus les ressources financières pour entretenir le stade et les dirigeants lensois sont contraints de déposer le bilan. Sous le nom de « Racing Club de Lens », le Racing se reconstruit sous l’impulsion d’Arnold Sowinski, Henri Trannin et André Delelis. Ce dernier, Maire de Lens, parvient à racheter le stade à la Compagnie des Mines pour un franc symbolique en 1974.

Le passage de témoin définitif est accompli le 7 septembre 1976. La Ville de Lens devient alors officiellement propriétaire du stade. Pour que les Sang et Or puissent disputer des compétitions européennes, le stade Bollaert est rénové pour répondre aux normes de sécurité imposées par l’UEFA. Pour l'enceinte qui est de forme ovale, c’est le début d’une métamorphose avec la construction d’une première tribune droite qui compte 12 000 places : l’actuelle tribune Trannin.

En 1977, l’éclairage est amélioré et la capacité d’accueil est agrandie. Une nouvelle tribune, l’actuelle Marek-Xercès, voit le jour.

Lens à l'heure mondiale

L’antre lensois connaît ensuite des travaux pour prendre part à l'organisation de compétitions internationales. Dans le cadre de l’Euro 1984 en France, le 10 septembre 1982, la Ministre des Sports Edwige Avice pose la première pierre d’un chantier de deux ans qui aboutit à la construction de deux tribunes (Lepagnot et Delacourt). La nouvelle configuration, rectangulaire, porte la capacité du stade de 39 000 à 51 000 places.

Durant le Championnat d’Europe, deux rencontres sont disputées sur le sol artésien : Belgique-Yougoslavie (2-0) et Allemagne de l’Ouest-Roumanie (2-1).


 

Quelques années plus tard, Lens se prépare à être l’une des villes hôtes de la Coupe du Monde 1998. À cette occasion, les tribunes Trannin, Lepagnot et Delacourt sont démolies pour être entièrement remises sur pied. L’enceinte lensoise fait peau neuve : elle est désormais équipée d’installations modernes (un système de vidéosurveillance, un éclairage récent, des vestiaires neufs…) et 41 649 spectateurs peuvent y prendre place. Ce « nouveau Bollaert » est inauguré le 11 octobre 1997 lors d’une rencontre amicale entre l'Équipe de France et l’Afrique du Sud.

En parallèle, Bollaert est le lieu de la saison fantastique des hommes de Daniel Leclercq en Division 1. Au terme d'une campagne spectaculaire (12 succès, 4 nuls et seulement une défaite à domicile), les Sang et Or sont sacrés Champions de France. Si le match du titre se déroule à Auxerre (1-1), le 9 mai 1998, c'est dans les gradins de l'enceinte lensoise que 30 000 supporters se massent pour accueillir leurs héros pendant la nuit.

Un mois plus tard, c’est cette fois un public venu du monde entier qui garnit les travées de Bollaert pour les six rencontres du Mondial, dont France-Paraguay en huitièmes de finale.

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Le stade « Bollaert-delelis »

Par la suite, Bollaert connaît des modifications plus légères. En 2004, les bureaux administratifs situés en tribune Lepagnot déménagent au pied de la tribune Delacourt pour laisser place à des salons. Une tour de sécurité dotée d’équipements modernes est également érigée à l’angle de la Lepagnot et de la Trannin.

Place forte du football français, le stade artésien prouve qu’il peut aussi ouvrir ses portes à d’autres événements. En 2007, la France organise la Coupe du Monde de rugby à XV. L’antre lensois fait partie des douze hôtes de la compétition dont il reçoit trois rencontres de la phase de poule. À cette occasion, deux écrans géants sont installés. 

L’histoire entre Bollaert et l’ovalie ne s’arrête pas là. En 2012, Lens est l'endroit d’une opposition de rugby à XIII entre les Bleus et le Pays de Galles puis accueille la demi-finale de Champions Cup 2022 entre le Racing 92 et le Stade Rochelais.

Entre temps, le Conseil municipal de la Ville de Lens décide d'associer au nom de Bollaert celui de l'ancien maire lensois André Delelis, disparu quelques semaines plus tôt. Ce dernier était notamment présent lors de l'inauguration de l'enceinte en 1933. Le stade est ainsi rebaptisé « Bollaert-Delelis ».

dernière rénovation en 2015

Le 28 mai 2010, la France est choisie pour organiser l’Euro 2016. En ce sens, la Fédération Française de Football sélectionne Bollaert-Delelis comme l'un des dix stades qui accueilleront le tournoi européen. Celui-ci va connaître une période de travaux pour être modernisé. Le 27 août 2012, le maire de Lens, Guy Delcourt, annonce la signature du permis de construire. Un mois plus tard, le Conseil régional valide le montage financier permettant la rénovation des quatre tribunes et le projet est définitivement entériné en décembre. Le chantier, qui débute en 2014, conduit les Sang et Or à évoluer au stade de la Licorne d’Amiens durant l’exercice 2014-2015 de la Ligue 1. 

Les supporters lensois renouent avec leurs tribunes après plus d’un an de travaux, le 8 août 2015, pour la réception du Red Star (1-1) en Ligue 2. L’antre du Racing peut désormais accueillir 38 223 spectateurs. 

Pendant l’été 2016, quatre matchs du championnat d’Europe se déroulent dans l’ancienne ville minière. Dans un écrin contemporain dont la structure est souvent décrite comme « à l’anglaise », le public voit notamment s’affronter l’Angleterre et le Pays de Galles en phase de groupe avant un huitième de finale entre la Croatie et le Portugal.

Quelques mois plus tard, les Bleus de Didier Deschamps foulent à leur tour la pelouse lensoise face à la Côte d’Ivoire en amical (0-0). En cinquante ans et neuf rencontres, la sélection tricolore ne s’est jamais inclinée sur les terres artésiennes…

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des tribunes populaires

En 2018, Bollaert-Delelis fait partie des quatre stades (avec Amiens, Saint-Étienne, Sochaux) retenus par la l'Instance nationale du supportérisme (INS) pour expérimenter le retour des tribunes sans siège, qui étaient supprimées en France depuis 1992. L’inauguration de la Marek debout a lieu le 15 septembre 2018 lors d’une rencontre de Ligue 2 contre Sochaux.

À partir de la saison 2022-2023, les niveaux 0 des tribunes Delacourt et Trannin deviennent des virages populaires où le placement est libre. Si les sièges ne sont pas retirés comme dans le kop, la position debout y est autorisée pour que l’ambiance de Bollaert-Delelis soit toujours plus fervente. 

Preuve de la réputation du stade lensois dans le paysage footballistique français, il accueille le Trophée des Champions 2020.