Le directeur général est d’abord revenu sur le départ de Dino Toppmöller et ses deux adjoints. « Il y a trois mois, on présentait le coach Dino Toppmöller et parmi les premiers mots, on parlait de deux trajectoires ascendantes. Mais le propre de deux trajectoires, c’est qu’elles doivent converger vers la même direction. Si on en est là aujourd’hui, c’est que cela n’a pas fonctionné. Il faut avoir l’humilité de le dire. Le dire avec du recul, mais fermement. Ce processus apparaît soudain, mais pour nous, dire que les deux trajectoires n’ont pas fonctionné est le fruit d’une observation de long cours, qui a débuté avant même le Trophée des champions. On a senti au sein du staff qu’il y avait un groupe « lensois » et un groupe plus « international ». Là où l’on imaginait des ponts, on a vu des murs. Dans notre rôle, on a mis en place tout un tas d’actions, mais force est de constater que cela avait des conséquences sur le rendement de l’équipe. On a dû agir en responsabilité et prendre une décision pour rapprocher tout le monde. Il était de notre devoir de rectifier. Dino a beaucoup d’humanité, tout s’est fait dans un profond respect mutuel. Aujourd’hui, un nouveau cap s’ouvre. »
Avant d’ajouter : « On sent tout ce qui touche le club. On ressent les secousses à l’externe. Pour moi faire du Lens c’est faire preuve de courage. Dans cette situation, bien des clubs auraient pu se dire « donnons-nous du temps », alors que tous les signaux étaient mauvais. Ce courage, pour moi c’est Lens. Lens c’est être agile, c’est dire quand on est bons mais aussi reconnaitre quand on a été mauvais. C’est aussi faire l’autopsie de ce qui n’a pas fonctionné. On a analysé les process pour savoir s’il avait manqué quelque chose. On aime la stabilité, on a pris conscience aujourd’hui de ce qui a manqué et on a agi avec le respect que l’on doit à nous tous. En ce sens, je pense que l’on a été respectueux le fait d’être Lens. »
Jean-Louis Leca a pris la parole à son tour. « La première pensée qui me vient est pour Dinon. C’est un homme extraordinaire et un bon entraineur. On était convaincus en juin que l’on pouvait amener quelque chose de plus avec son profil. Cela n’a pas pris. Il part après seulement quatre matchs, mais notre réflexion s’est étendue sur trois mois. Ce qui s’est passé sur cette période nous laissait penser qu’on ne prenait pas la bonne direction. »
Le directeur sportif est ensuite revenu sur les motivations de cette réorganisation. « Tout le monde a vu ce que l’on faisait ne ressemblait pas à Lens. On n’était plus connectés à ce que l’on faisait depuis six ans. Yannick Cahuzac doit nous permettre de reprendre le fil de cette continuité qui faisait notre force. Il était légitime en tant qu’ancien capitaine du club, adjoint façonné par Franck Haise et Régis Le Bris qui font partie des meilleurs entraîneurs français, il a été adjoint l’an dernier d’un entraîneur – Olivier Pantaloni – nommé aux Trophées UNFP et il connaît le Racing Club de Lens. C’était évident pour nous, à ce moment précis, de lui faire confiance. »
Benjamin Parrot a ensuite abordé la prise de fonction de Yannick Cahuzac : « Je ne parle pas de « Cahu », l’ami, mais de Yannick Cahuzac, valeur montante du coaching, qui a travaillé avec Franck Haise et Régis Le Bris. Bien sûr, dans notre réflexion, il pouvait être un jour le coach du Racing. Mais ce n’était pas dans nos plans – il est en formation cette année. On a opté pour un retour aux fondamentaux lensois et dans ce choix, l’option la plus naturelle était de faire appel à Yannick. Je ne veux pas que l’on parle de choses qui ont été faites délibérément. Jean-Louis (Leca) est un directeur sportif dont le travail a été unanimement reconnu par tout le monde, et il est au cœur d’une organisation. Son choix est mon choix, il est aussi celui du président Joseph Oughourlian. C’est méconnaitre le fonctionnement du Racing Club de Lens que de dire que cette décision ait pu être prise de manière calculée. Jean-Louis a tout donné pour Dino, il a mis son charisme au service du staff et du groupe. Il nous faut aujourd’hui mettre toute notre énergie au service du staff de Yannick Cahuzac. »
Pour Benjamin Parrot, « le dénominateur commun des entraîneurs de Lens qui ont su marquer le club, c’est la transmission des principes et le caractère d’éducateur qui ont été des critères assez prégnants. Naturellement, on avait pris en compte ce critère pour Dino. Il y a dans Yannick ce côté instructeur, que l’on pouvait ressentir chez Franck Haise et Pierre Sage. On est là pour l’aider à être la meilleure version de lui-même en tant que coach. »
Jean-Louis Leca a conclu sur le profil de Yannick Cahuzac. « On a une grande confiance en Yannick, en sa vision, sa qualité et son ressenti d’entraîneur. Quand on était joueurs, j’étais dans le vestiaire à côté de lui. Il était joueur et le coach venait souvent le voir pour lui demander ce qu’il pensait des choses. Il s’est toujours nourri des échanges. Il n’est pas un entraîneur fini, c’est un jeune coach de 41 ans. Il comprend ce qu’est ce club, il l’a pratiqué et vécu de l’intérieur. Dans ses valeurs de jeu, d’intensité, d’être proactif c’est ce qu’on est ici à Lens. On est confiants sur ce que l’on peut amener avec ce choix. »