Joseph Oughourlian : « Toute confiance en cette équipe et ce staff » | RC Lens
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Publié le 11/01/2022 à 20h00

Alors que 2022 s’ouvre, le Président artésien dresse un bilan de la première partie de saison avant d’esquisser les sujets du moment et les dossiers à venir…

Président, comment allez-vous ?

« Très bien, merci. J’ai pu passer les fêtes de fin d’année en famille et profite d’ailleurs de cette interview pour transmettre à tous les amoureux du Racing mes meilleurs vœux pour 2022. Que cette année apporte à chacun beaucoup de joie et de moments de partage à Bollaert ! »

 

Quel bilan tirez-vous de cette première moitié de saison ?

« Elle a été pour le moins intense. À l’image de tous nos sympathisants et plus largement des suiveurs du football français, j’ai été séduit par le visage de l’équipe. Cette volonté de toujours jouer, cet esprit offensif et déterminé, cette inlassable solidarité, c’est tout simplement la traduction sportive de ce que doit toujours être ce club. Je félicite les joueurs, le staff et la direction du club pour ce qui a été accompli, le Racing nous a transmis de l’émotion et a conquis de nouveaux cœurs. Après, bien évidemment que sur quelques rencontres, notamment en fin d’année, certains dénouements ont généré une certaine frustration mais je n’oublie pas d’où l’on vient et je suis convaincu que ces expériences doivent permettre à l’ensemble du club de grandir encore. Ces accidents peuvent arriver en phase de croissance et font partie de notre courbe d’expérience. »

 

« Spontanément, l’image qui me revient c’est la réception de Paris le jour de la Sainte Barbe. Ce jour-là, j’ai vraiment eu l’impression d’assister à une fête du football. »

 

Si vous deviez garder une image de la première partie de saison en particulier, quelle serait-elle ?

« Il y a les victoires à Marseille ou Monaco. Mais comme ça, spontanément, l’image qui me revient c’est la réception de Paris le jour de la Sainte Barbe. Cette entrée avec les deux mineurs, Bollaert illuminé, et ce match plein livré par l’équipe… Ce jour-là, j’ai vraiment eu l’impression d’assister à une fête du football. »

 

Vous étiez présent en tribune pour cette rencontre. Justement, comment vivez-vous ce lien à distance qui vous unit au club ?

« Si je ne suis pas à proximité au sens géographique du terme, les contacts sont quotidiens, étroits et qualitatifs. Je prends du plaisir à m’appuyer sur un staff de confiance à tous les niveaux du club, avec à sa tête Arnaud Pouille. Le club se structure, avance. Le plus difficile finalement, c’est le suivi de certains matchs. Tenez, pour le derby en Coupe de France, la retransmission était bloquée à Londres où j’étais. J’ai écouté, comme beaucoup de nos supporters, le match via le live commenté du club et si c’était frustrant de ne pas avoir accès aux images, j’ai vibré dans mon salon, sûrement plus que si j’avais été présent au stade. Ce sont des émotions rares, puissantes. Dans cette période sanitaire redevenue instable, on est en plein dans ce rôle social, la capacité du club à donner du bonheur ici dans la région et au-delà. »

 

« Le fait d’appliquer une jauge unique basée sur une valeur absolue et applicable pour tout type d’équipement et de territoire apparait comme un contresens absolu »

 

Le retour de l’épidémie est marqué par celui des jauges dans les stades. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

« Nous sommes confrontés à un problème de santé publique. Le fait de prendre des mesures répond à des impératifs sanitaires. Sur ce plan-là, il faut être lucide et solliciter la responsabilité de chacun qui doit agir pour endiguer ou limiter la propagation de ce nouveau variant. En tant qu’organisateurs de manifestations sportives, nous avons la totale conscience de cette responsabilité. Néanmoins, le fait d’appliquer une jauge unique basée sur une valeur absolue et applicable pour tout type d’équipement et de territoire apparait comme un contresens absolu. La proportionnalité adaptable à chaque enceinte et à chaque territoire, telle qu’elle est défendue par certains députés, Sacha Houlié en tête, est une mesure tellement teintée de lucidité… D’autre part, concernant la billetterie, il y a un autre point qui me semble particulièrement défaillant voire inéquitable, c’est le calcul des aides d’état. La formule arithmétique repose sur les affluences réalisées en 2019-20, soit il y a deux saisons. De ce fait, elles sont calibrées pour nous sur des années Ligue 2, quand d’anciens pensionnaires de Ligue 1, eux, bénéficient de montants en parfait décalage avec les recettes billetterie qu’ils seraient en capacité de générer actuellement. On ne valorise pas la croissance et il n’y a pas actuellement de mécanisme de rééquilibrage de ces anomalies dans notre secteur. Je terminerais ce volet avec un dernier exemple qui concerne le règlement des matchs de Coupe de France. Avec une jauge à 5 000 spectateurs, comme en 16ème et très probablement en 1/8ème, nous parvenons à un résultat déficitaire. Or, la mécanique de partage des recettes avec le club visiteur nous oblige à reverser une partie de la recette brute à nos adversaires, ce qui vient automatiquement creuser encore plus notre déficit... Dans une période aussi mouvante, la faible volonté collective à réformer, à proposer des amendements simples qui apporteraient de l’équité aux règlements me sidère parfois. »

 

Sur le plan sportif, le club s’est renforcé avec l’arrivée de Patrick Berg. Un mot sur cette signature et la deuxième partie de saison qui s’ouvre…

« Le recrutement de Patrick vient en réponse à un besoin sportif à ce poste-là. Et le joueur avait fait l’objet d’un suivi régulier par notre direction sportive et notre cellule de recrutement, qui ont démontré à bien des reprises leur précision dans le choix de nos recrues. J’espère donc que Patrick montrera, comme ses prédécesseurs, l’étendue de ses qualités en Sang et Or. Concernant cette arrivée, elle confirme un renouveau de l’attractivité du club, qui aujourd’hui parvient à séduire de plus en plus de joueurs internationaux. C’est un signe supplémentaire de la progression du Racing. Concernant la deuxième partie de saison, bien évidemment que nous l’abordons avec ambition mais ce n’est pas dans nos habitudes d’évoquer une place en particulier, encore plus en étant outsider dans un championnat resserré et très compétitif. Ce que l’on souhaite c’est de la régularité et de la continuité dans l’investissement au quotidien de chacun, à travers cette identité de jeu qui ravit aujourd’hui toute la communauté lensoise et au-delà. Si ces facteurs sont réunis et sont priorisés, le reste suivra. J’ai en tout cas toute confiance en cette équipe et ce staff. C’était le cas en novembre et décembre quand nous étions dans le dur, ça l’est et le restera pour les mois à venir. »

 

Et au niveau du club, quels projets structurants arrivent ?

« Il y en a toujours beaucoup au Racing… Mais cette année marquera les 20 ans de La Gaillette et les 30 ans de notre dernier titre en Gambardella. J’espère que les conditions sanitaires permettront de réunir nos joueurs « made in Gaillette » pour marquer le coup. C’est certain que quand Gaël Kakuta et David Pereira Da Costa croisent des joueurs comme Benjamin Bourigeaud ce week-end, on rêve de pouvoir réunir tous les joueurs formés qui ont porté haut le maillot sang et or. Cette année sera aussi celle de la première saison sportive complète de notre nouvelle section féminine, qui met en place son projet progressivement avec l’ambition d’accéder à l’élite au plus vite. Enfin, l’actionnariat populaire reste un projet indissociable de la vision que l’on a pour le Racing. Après le lancement de la fondation « Racing Cœur de Lens », nous devons renforcer cet ancrage si singulier au RC Lens par une avancée dans ce dossier stratégique. »

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