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Fiche d'identité

  • Nom : Racing club de Lens

  • Date de création : 1906

  • Couleurs : Sang et Or

  • Statut : Société Anonyme du Sport Professionnel

  • Président : Gervais Martel

  • Siège : Centre technique et sportif de La Gaillette

  • Nom du stade : Bollaert-Delelis

  • Capacité du stade : 41 233 places assises

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Luc Dayan : « Recréer une cohérence entre l'économie et la performance sportive »

Principal artisan du redressement du LOSC à la fin des années 90 et au début des années 2000, et ayant, par la suite, occupé des rôles de direction ou de conseil dans de nombreux clubs français, Luc Dayan a été nommé, ce lundi, Président du Racing club de Lens. Voici ses premières déclarations à l'occasion de la conférence de presse tenue, ce mardi, au Centre technique et sportif de la Gaillette...

Déclarations

Luc Dayan : « J’ai été contacté il y a à peu près un mois par M. Michel Faroux, Directeur adjoint du Crédit Agricole Nord de France. J’ai tout de suite dit que ça m’intéressait même si j’avais décidé de me retirer un peu des affaires du football après ma dernière aventure avec Strasbourg.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j'ai deux casquettes dans le football. Celle d'actionnaire tout d'abord. Je l'ai été à Lille et à l'Entente Sannois St Gratien. Pour le reste, il s'agit de missions de conseil, initiées par des donneurs d'ordre qui sont, soit des collectivités, soit des actionnaires qui souhaitent se désengager de leur club. C'était au moment de l’avènement des SASP [Ndlr. Société anonyme sportive professionnelle]. J'ai d'ailleurs fait à Lille, la première SASP. Il y a eu la privatisation de l'AS Cannes, le sauvetage de l'OGC Nice, la transmission du capital de l'AS Saint-Etienne, la mise en place du projet de Valenciennes, la sortie de la Socpresse de Nantes, puis le dossier de Strasbourg où les actionnaires, après m'avoir assigné cette mission, m'ont demandé de partir. J'ai également d'autres activités professionnelles mais c'est dans ce cadre-là que je viens aujourd'hui à Lens.

La motivation première vient du fait que, lorsque j’étais à Lille, j’avais pu mesurer l’importance du Racing club de Lens, la générosité de ce club et de ses dirigeants. On a toujours été très bien accueillis par Gervais Martel, Serge Doré et toute leur équipe. J’ai développé des relations amicales avec Gervais qui est un homme hors norme, qui a beaucoup de courage, qui s'est confronté progressivement à l'incohérence du modèle économique du football, qui a fait que, au fur et à mesure, l'équilibre entre les recettes et les dépenses n'a plus été respecté. On a compté sur les ventes de joueurs, ce qui reste un produit aléatoire. C'est devenu très compliqué, dans un univers non régulé, de gérer ces clubs de football, faute d'une réforme qui n'a pas abouti dans les années 2000.

J'étais déjà venu voir Gervais et le Maire de Lens en 2008, au moment de cette fameuse descente de Ligue 1 en Ligue 2, et où le modèle économique de Lens s'est retrouvé en énorme difficulté, à la fois parce qu'il était structurellement dépendant de la vente de joueurs, et surtout parce qu'il y a eu cette relégation qui a fait que le chiffre d'affaires a baissé, d'un jour à l'autre, de près de soixante pour cent. Dans ces conditions, cela devient très compliqué, pour n'importe qui, de gérer cette situation.

En analysant ce qui s'est passé récemment, la problématique de Gervais était, en fonction de ses moyens financiers, d'avoir les fonds propres et l'assise pour absorber ce choc. Il fallait assumer l'ensemble des charges qui avaient été mises sur le dos de ce club, et à juste titre puisque c'est un club dont le potentiel est digne d'un club de Ligue 1, voire plus. C'est très dommageable pour Gervais pour qui j'ai une affection profonde. En même temps, il a eu le privilège d'être tombé sur une banque qui l'a soutenu, qui est montée dans le capital, et qui, en réalité, a évité le dépot de bilan, assurant ainsi la pérennité de ce qui est déjà en place.

J'ai toujours pensé, même si c'était à contre-courant, qu'il fallait revenir aux fondamentaux : les recettes d'un club doivent équilibrer les dépenses, tout en mettant en place une politique de formation... avec un centre de formation qui existe ici, et qui est d'une grande qualité technique. La seule solution est d'avoir une transition dans la continuité qui permette d'avoir une cohérence économique permettant au "sportif" de travailler dans la tranquillité, et de faire en sorte que la performance sur le terrain soit la résultante d'une émotion partagée par les joueurs.

J'ai accepté cette mission. On va essayer de recréer une cohérence entre l'économie et la performance sportive, en adoptant les méthodes que j'ai mises en place ailleurs. C'est à dire faire en sorte que les gens du club - qui connaissent le mieux leur métier - aient les moyens de travailler, de manière à ce que la vie du club se rétablisse en dehors des contraintes qui sont nécessairement ressenties par le président qui, lui, est soumis à une pression extrême. C'est ce qui a été vécu ici depuis trois, quatre ans. C'est ce que j'ai ressenti d'un point de vue extérieur.

J'ai pris mes fonctions hier soir, et j'ai assisté depuis à une succession de réunions, avec le personnel, l'entraîneur, les gens qui s'occupent de la formation, du recrutement pour voir, avec tous les éléments qui m'ont été transmis, comment aborder la prochaine saison dans les meilleures conditions, et faire en sorte que, petit à petit, ce club retrouve son équilibre à la fois financier et sportif, et surtout faire qu'il procure à nouveau une émotion positive aux supporters qui y sont attachés. »

Voir aussi :
Propos recueillis par Leïla Talbi
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